COMMENT REPÉRER LE « SURGRAS » OU GRAISSE VISCÉRALE, CE TUEUR INVISIBLE ET SILENCIEUX?
Posté le 23/02/2022
ON PEUT AVOIR UN POIDS « NORMAL » ET ÊTRE EN EXCÈS DE GRAISSE.
Alors que les pays occidentaux s’attachent à réduire le taux d’obésité pour mieux prévenir et guérir de la Covid 19, il convient d’évaluer son état de santé générale à l’aide de données cohérentes (et le poids n’en fait pas forcément partie). Physiologiste de la performance, le professeur Paul Laursen assure que c’est la proportion de graisse qui est à mesurer en priorité, ou plus précisément, le «surgras», qui fait référence à la présence d’un excès de graisse corporelle pouvant nuire à la santé, même pour les personnes de poids « normal ». Les recherches suggèrent que dans les 30 principaux pays industrialisés, il y a plus de personnes en « surgras » que de personnes obèses et en surpoids dans le monde. Par exemple aux Etats-Unis, 90% des hommes et 80% des femmes sont trop gras. Et même les personnes qui semblent minces et en forme sont parfois dans cette situation.
COMMENT SAVOIR SI RÉELLEMENT ON EST TROP GRAS ?
« Mesurer l’excès de graisse est très simple. Il suffit de multiplier votre tour de taille par deux. Si ce chiffre est plus grand que votre taille totale alors il y a fort à parier que vous soyez en « surgras ». Bien sûr, ce n’est qu’un indicateur, car la graisse inflammatoire ou viscérale ne va pas toujours de pair avec un tour de taille large. Des gens qui paraissent minces et en parfaite santé ont parfois un taux de graisse viscérale supérieure à la moyenne. »
COMMENT IDENTIFIER LES PROFILS LES PLUS À RISQUE ?
« Le fait d’avoir une quantité de graisse importante dans la région abdominale, autour des organes, est considéré comme dangereux. Un DXA, scan d’absorbiométrie à rayons X à double énergie qui peut mesurer le pourcentage de graisse corporelle, permettra d’établir un diagnostic précis. Les études les plus récentes indiquent que le seuil de graisse corporelle à ne pas dépasser est d’environ 30% pour les femmes et 17% pour les hommes. Donc, si votre pourcentage de graisse corporelle est supérieur, entamez quelques changements dans votre hygiène de vie. »
FAUT-IL DONC SE CONCENTRER SUR LA MESURE DU SURGRAS PLUTÔT QUE DE L’IMC ? Y A-T-IL UNE GRANDE DIFFÉRENCE ?
« La mesure de l’IMC est trompeuse car elle classe mal les individus. Beaucoup de gens peuvent avoir un IMC normal mais le poids est le reflet de facteurs multiples. Par exemple, si vous êtes atteint d’ostéoporose, vous aurez des os plus légers. Si vous êtes un athlète de haut niveau, le poids de vos muscles vous classera dans la catégorie des personnes obèses. La mesure la plus importante est le niveau de graisse viscérale, autrement appelée « graisse du ventre ». Le poids est ici hors de propos.«